Lorsque les anges eurent quitté les bergers pour le ciel ... (Lc 2,15)
Ça
y est : l’extraordinaire chant des anges vient de cesser… Le silence de la
nuit revient. Mais ce message des anges, cet instant enveloppé par la gloire du
Seigneur, ne peut laisser les bergers sans réaction. Il faut Aller, voir, raconter … et ils se
hâtent (15-16)
: comme
souvent à propos de la Bonne Nouvelle du Salut, il faut se dépêcher de la découvrir,
de s’en approcher.
En
se rendant à Bethléem, ils ne cherchent pas à dissiper un doute, mais c’est un
désir joyeux qui portent leur pas vers cet enfant annoncé par l’ange. Et ils
trouvent tout comme l’ange l’avait dit : Marie, Joseph et le
nouveau-né couché dans une mangeoire (16) Et d’humbles bergers succèdent à
la cour céleste du Seigneur pour annoncer la bonne nouvelle qui sera
une grande joie pour tout le peuple (10)
Courte prédication offerte aux détenu.e.s des prisons à Genève, en ce dimanche de la Nativité. Evangile de Luc, chapitre 2.
Cette
annonce au sujet de l’enfant étonne… mais ici encore, il ne faudrait pas y
entendre de la perplexité. L’étonnement est un mot qui accompagne souvent les
moments importants de l’Evangile de l’enfance chez Luc. C’est mieux que notre ça
m’étonne, qui exprime de la perplexité… car ou pourrait traduire aussi par
émerveillés. Les mots de bergers bouleversent en réalité les
personnes présentent, car elles entendent que ce qu’elles espèrent depuis si
longtemps est là, réalisé dans ce petit enfant, fragile et vulnérable.
Dans
l’émoi de ces instants, au cœur de cet étonnement , il y un verbe, porté par
une seule des personnes présentes : Marie. Elle médite en son cœur. Elle
ne semble pas troublée par l’annonce des bergers, elle aussi a entendu une
parole d’ange lui annonçant cet instant. La servante du Seigneur (1,38) vient d’être touchée
une nouvelle fois par le mystère de la naissance du Christ. Elle en cherche le sens (19), mais elle fait
plus qu’un exercice intellectuel, c’est la portée spirituelle de cet instant
qu’elle dépose précieusement dans son cœur.
Et
qu’en est-il de nous, aujourd’hui ? On peut se demander quel sens peuvent
avoir ces fêtes de Noël passées ici en prison ? Sachez qu’au dehors,
dans la frénésie de leurs achats, dans leurs espoirs de saveurs, de luxe et de
confort, bien des gens se demandent quel sens tout cela peut avoir pour
eux aussi ?
Et pour en connaître le sens, Marie nous indique la voie : méditer dans son cœur ces événements. L’éclat des fêtes de Noël nous présente une image qui peut nous cacher le sens de la Nativité. Combien se sentent exclus de la fête, alors que la naissance de Jésus, dans sa précarité et sa fragilité, tout au contraire, les accueillent, leur donne une place auprès de cet enfant ?
L’abbé Pierre a déclaré : Le contraire de la misère ce n’est pas la richesse. Le contraire de la misère, c’est le partage. Et voilà bien le sens de ce nous sommes appelés à vivre à Noël : Aller voir : sortir des idées reçues, renoncer aux réponses faciles, abandonner les conforts superficiels, se hâter de découvrir le sens de ce le Seigneur nous a fait connaitre (15) cette nuit-là, à Bethléem. Et prendre le temps de le méditer en son cœur, pour en goûter la richesse spirituelle.
L'adoration des bergers, Gerrit Van Honthorst.
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