Avez-vous entendu parler de la marche du sel ? Elle est une manifestation historique, conduite par la Mahatma Gandhi, le 12 mars 1930, en vue d’obtenir l'indépendance de l'Inde aux Britanniques.
Cette
marche débuta au nord-ouest du pays, accompagnée de quelques disciples et
journalistes. Après un parcours à pied de près de 400 km, c’est plusieurs
milliers de participants qui arrivent le 6 avril, au bord de l'océan Indien.
Alors,
Gandhi s’avance dans l'eau et recueille dans ses mains un peu de sel. Par ce
geste dérisoire et hautement symbolique, Il encourage ses compatriotes à violer
le monopole d'État sur la distribution du sel qui impose à tous les
consommateurs indiens, y compris les plus pauvres, un impôt sur le sel et leur
interdit d'en récolter eux-mêmes.
Sur la
plage, la foule imite le Mahatma et recueille de l'eau salée dans des
récipients. Leur exemple est suivi partout dans le pays : les Indiens font
évaporer l'eau et collectent le sel au vu des Britanniques. Il y aura plus de
60 000 arrestations ! Le Mahatma lui-même est arrêté et passe
neuf mois en prison.
À la
fin, le vice-roi reconnaît son impuissance à imposer la loi britannique. Cédant
aux injonctions du Mahatma, il libère tous les prisonniers et accorde
aux Indiens le droit de collecter eux-mêmes le sel.
Prédication offerte à l'assemblée paroissiale de Savigny-Forel. Texte du jour: Evangile selon Matthieu, chapitre 5, les versets 13 à 16.
« Vous êtes
le sel de la terre… Vous êtes la lumière du monde… » Deux
affirmations fortes de Jésus et qui nous interpelle avec vigueur. Et comment ne
pas voir dans la marche du sel de Gandhi, et son résultat déterminant pour la
vie du peuple indien, un exemple saisissant de cette parole du Christ !
Dans l’Evangile de Matthieu, Jésus débute son ministère par le fameux Sermon
sur la montagne ! Il énonce des paroles d’autorité pour que la vie
quotidienne et spirituelle de ceux qui l’écoutent honorent Dieu ! Son
discours s’ouvre par les Béatitudes qui annoncent un bonheur
paradoxal, qui peut se vivre dans l’épreuve et le manque, avec la force de de
la confiance et de l’humilité.
C’est alors que Jésus nous désignent comme sel de la terre et
lumière du monde. Nous sommes comme défiés à donner
de la saveur à l’existence de nos contemporains (rappelez-vous la marche du
sel…) Par nos actions – que Jésus dit bonnes – nous sommes appelés
à devenir des signes visibles pour nos contemporains. Jésus ajoute qu’ils
pourront ainsi saluer ces bienfaits, mais non pour louer ceux qui les
accomplissent, mais notre Père céleste qui est dans les cieux !
« Vous êtes le sel de la terre… Vous êtes la lumière du monde… » Littéralement : c’est vous qui êtes – alors que vous m’écoutez – c’est vous qui êtes les porteurs et les ouvriers de ce Règne d’amour et de justice que je viens inaugurer !
Mais être est ici plus que faire. Être
sel et lumière, c’est tout d’abord l’accueil en nous de la présence du
Christ. Il est nécessaire que le Christ soit premièrement en nous sel et
lumière… pour que nous puissions l’être à notre tour !
Mais à quoi sert le sel dans l’Antiquité ? Il assaisonne les plats,
bien sûr… mais il conserve également la nourriture. Il peut être la marque d’un
contrat : on parle ainsi d’une alliance de sel (Nb 18,19).
Ce sel et cette lumière nous appellent à prendre nos responsabilités en
tant que disciples du Christ : devenir des personnes significatives pour
nos proches, fiables dans nos engagements, travaillant à la préservation du
sens de la vie dans ce monde !
Mais apparemment, il serait possible que le sel perde sa saveur… que la
lumière soit retenue dans l’ombre ! J’ai lu que seul un sel de médiocre
qualité – recueilli au bord de la mer morte – pouvait perdre ainsi sa saveur…
Ce qui nous ramène à ce que nous disions plus haut : notre sel, le
recueillons-nous dans le Christ, ou au bord d’un lieu sans vie… ?
« Vous êtes le sel de la terre… Vous êtes la lumière du monde… » On peut rappeler que la lumière est une image qui dit la présence de Dieu. … Et si Dieu est lumière, il a pris cette décision aussi étonnante que magnifique : faire de nous les porteurs de celle-ci !
Antoine Nouis écrivait : « Il n’y a sans doute rien de plus orgueilleux que de vouloir être la lumière du monde, mais il n’y a rien de plus apaisant que d’entendre qu’en le vivant avec humilité, cette lumière brillera, même dans les ténèbres de ce monde »
Un proverbe chinois affirme : « Mieux allumer une bougie que de maudire l’obscurité. » Quelle que soit l’adversité, le disciple n’a pas besoin de forces particulières, il lui suffit – comme sur l’illustration de votre feuillet – de désigner la grâce de la présence du Christ… de l’accueillir et en faire don au monde !







