CHRONIQUE D'UNE AUMÔNERIE ORDINAIRE en hôpital gériatrique.
Lors de mes dernières visites, je suis accueilli dans le couloir par une dame qui fait de grands gestes admiratifs en ma direction et - en italien - s'enthousiasme de ma beauté et prestance!: "Ma que bello! Splendido dottore!"
Bien : il n'y sans doute pas de fumée sans feu, mais tout de même : je suis à l'étage des troubles cognitifs... Et malgré ma "splendeur", j'entreprends un de ces entretiens, dont les miracles de l'écoute centrée sur la personne m'ont ouverts quelques secrets.
Je prends congé. Poursuis mes visites. Et, au détour d'un passage dans le couloir, qui donc j'aperçois, s'extasiant pour un autre inconnu de passage ? Oui, vous avez deviné : "Ma que bello! Splendido dottore!"
Bref, ce n'était pas interdit de rêver, n'est-ce pas? Et quel beau métier: avec ses étrangetés, ses joies et peines, ses duretés, mais non dénué d'humour, parfois aussi.

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