A Lutry, nous traversons une
semaine très éprouvante (veillées, permanences, services funèbres). Nous nous
tenons auprès de familles ayant perdus un être si précieux ou qui sont très
éprouvées pas la santé d’un proche.
Dans ma peine, je me suis
rappelé les mots du chef des pompiers de Crans-Montana, si bouleversé par ce qu’il
avait vécu pendant l’intervention de secours. Il rapportait les mots de
désarroi de ses sapeurs-pompiers volontaires : « On a pas signé
pour ça ! ... »
Et j’ai pensé :
« Je le comprends si bien mais, en réalité, qui a signé pour
ça ? »
Perdre son enfant dans des
circonstances si violentes et subites… qui a signé pour ça ?
Perdre son frère, sa sœur,
son proche, son meilleur ami, sa super copine en quelques minutes… qui a
signé pour ça ?
Endurer pendant des mois des
soins médicaux et devoir ensuite apprivoiser une apparence qui ne sera plus
celle que l’on avait auparavant… qui a signé pour ça ?
« On a pas signé pour ça », mais il
faudra bien la signer cette page de notre vie. La signer pour admettre que oui,
cela a bien eu lieu, cela nous est arrivé.
Et pour que notre main ne
tremble pas en déposant ce « oui », il faudra du temps. Pas seulement
une durée qui attriste et qui blesse, mais un vécu qui peu à peu apaise, guérit,
relève, parce qu’il aura été traverser sans fard ni censure, émotionnellement
vrai et patient.
« Le deuil est si
large qu’on ne peut pas le contourner, il est si haut qu’on ne peut pas passer
par-dessus, il est si profond qu’on ne peut pas passer en dessous. C’est
pourquoi il ne reste qu’une solution, c’est d’en ouvrir la porte et de le
traverser » (anonyme)

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